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Focus Isabella Bird

14/11/2017

Isabella Bird, une britannique en voyage !

Isabella Lucy Bird est née en Angleterre dans le Yorkshire le 15 octobre 1831. Fille aînée d’Edward Bird, un pasteur anglican, elle a été instruite à la maison par sa mère, sous des préceptes religieux stricts et les idéaux de la société victorienne. Femme au tempérament fort, elle semble malheureuse dans son pays et tombe souvent malade, étouffée par les règles d’une société très codifiée… Son médecin finit par lui prescrire le voyage comme remède : c’est le début d’une nouvelle vie pour Isabella, une vie d’aventurière !

À partir de 1854 et jusqu’à sa mort, cette jeune britannique va ainsi enchaîner les périples, des Amériques jusqu’au Maroc en passant par l’Australie, l’Asie et d’autres contrées orientales… Isabella Bird semble ne reculer devant rien : escalader des volcans, traverser des déserts, emprunter les routes les plus dangereuses ou se perdre dans la jungle, les Rocheuses et d’autres paysages enneigés… elle l’a fait !

Grâce à ses nombreux écrits, qui lui permettent de financer ses voyages, et notamment aux nombreuses lettres qu’elle envoie à sa sœur Henrietta, on découvre ses aventures au cœur de territoires sauvages…



Voir le “vrai Japon”

C’est ainsi qu’en 1878 Isabella Bird décide de partir pour le Japon, un pays en pleine mutation, rouvert depuis seulement une dizaine d’années aux étrangers et qui reste encore largement inconnu. Elle raconte ce voyage dans son ouvrage Unbeaten Tracks in Japan, qui rassemble toutes les lettres écrites à Henrietta. Un témoignage fort, oscillant entre la description factuelle et le ressenti d’une jeune femme britannique du XIXe siècle face à un voyage difficile et, surtout, face à un pays et une culture méconnus…

Isabella souhaite aller vers le nord du pays à partir de Tokyo et pousser jusqu’à l’île de Yezo, future île d’Hokkaido. Elle espère ainsi remonter le temps et voir le véritable Japon, “le Japon d’antan”. Elle pense que plus on pousse vers la partie septentrionale du pays, plus le quotidien des gens ressemble à ce qu’il était avant la restauration de l’ère Meiji... Mais surtout, Isabella veut voir de la nouveauté, s’éloigner des routes connues et de l’image véhiculée du Japon dans la littérature de l’époque. 
Ainsi, munie “d’un oreiller gonflable, d’une moustiquaire, d’une baignoire en caoutchouc et de ses trois tenues” * - un tailleur en tweed, une robe en soie et son fameux “bloomer” d’équitation (sorte de culotte bouffante) - la voici prête pour de nouvelles aventures, accompagnée de son guide et interprète, M. Ito !
* (Les Grandes Aventurières, 1850-1950,  Christel Mouchard et Alexandra Lapierre)

Elle passera notamment par Nikko et ses alentours, avant de s’aventurer plus au nord. Elle écrit à propos des temples de la ville : “Les sanctuaires sont les plus merveilleux de leur genre au Japon”. Elle tombe aussi sous le charme de son hôtel, qu’elle estime tellement luxueux qu’elle s’inquiète d’endommager la chambre : “J’aimerais presque que les chambres soient un peu moins exquises, car je suis dans la crainte constante de répandre l’encre, d’abîmer les tapis ou de déchirer les fenêtres en papier”.

Malgré des moments difficiles pour notre exploratrice - littéralement scrutée par les Japonais jusqu’à travers les fines cloisons en papier de sa chambre d’hôtel, le manque d’autonomie qu’elle ressent profondément, la peur pour sa vertu, son lit pliable cassé dès les premières nuits, le climat, les attaques de moustiques et de puces - elle s’adapte et continue son excursion au cœur du Japon. Au contact de la population, elle est aussi témoin de certaines scènes du quotidien, qu’elle raconte dans ses lettres. Ces dernières sont ainsi une source d’informations riches et précieuses !


Sa rencontre avec le peuple Aïnou...

Si Isabella semble électrisée par ce voyage en terre inconnue, elle est, dès le début, particulièrement intriguée par les Aïnous, le peuple aborigène de l’île de Yezo. Son passage chez eux sera ainsi l’apogée de son périple et sera marquant : “Je peux proposer une meilleure présentation des aborigènes de l’île de Yezo, car j’ai eu un vrai lien avec eux.”
Reconnaître dès 1880 que les Aïnous était le peuple natif de l’île est un acte audacieux de la part de l’exploratrice. En effet, la littérature coloniale de l’époque visait précisément à ne pas accorder le statut d’aborigènes à ces derniers. L’île était alors officiellement reconnue comme colonie intérieure, appartenant au Japon et bénéficiant de sa “protection”.

Dans son livre, seules cinq lettres évoquent en profondeur le 
séjour d’Isabella Bird chez les Aïnous, mais elles sont très riches. Elle y 
raconte tout ce qu’elle observe et apprend auprès de ce peuple. Elle y dénonce, souvent de manière indirecte, à quel point les Japonais ont détérioré l’île de Yezo et brisé son peuple : “La proximité des Japonais est douloureuse, et les Aïnous en retirent beaucoup d’inconvénients, sans les avantages, au contact de la civilisation japonaise.”
L’exploratrice britannique gardera ainsi une forte impression de son incursion chez les Aïnous, auprès desquels elle a énormément appris ! Une rencontre qui laissera une marque indélébile, bousculant ses convictions et ses préjugés.


Une femme exploratrice reconnue !

Après la découverte du Japon, Isabella Bird retourne en Angleterre puis repart en exploration dans de nombreux pays tels que l’Inde, le Tibet, la Turquie, la Chine ou encore la Corée. Elle prend le temps de se marier avec le Dr Bishop, reste ainsi quelques années sans bouger et retombe malade... À la mort de son mari, elle reprend ses voyages !

Isabella Bird se passionne aussi pour la photographie, dont elle vit les balbutiements, et rapportera de nombreux clichés de ses excursions. Mais ce n’est pas tout : à 55 ans, elle s’intéresse à la médecine et se découvre une vocation de missionnaire. À la fin de sa vie, on la voit ainsi en Perse (Iran) avec son revolver et un coffre de médecine…

À travers le parcours d’Isabella Bird se matérialise un besoin d’émancipation naissant chez les femmes de son époque. Libérée des carcans d’une société qui l’étouffait à l’en rendre malade, elle est partie vivre sa passion et a été reconnue comme exploratrice à part entière par ses compatriotes ; le journal britannique Spectator écrira d’ailleurs dans ses pages : 
“Jamais personne n’a eu autant d’aventures que Mme Bird !”
Considérée par ses pairs, elle a été la première femme à être admise non seulement à la Royal Geographical Society en 1892, mais aussi à la Royal Photographic Society de Londres en 1897.

Femme étonnante, Isabella Bird fait désormais partie du panthéon des femmes victoriennes de renom, telles que Florence Nightingale ou Mary Kingsley !
 

 
 
 
 
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